Concitoyenne, concitoyen,
L’exclusion socio-économique de centaines de milliers de
résidents des zones marginales urbaines, la complexité
et la fragilité du climat politique, l’inefficacité des
structures de sécurité engendrent la violence et
prennent l’espoir en otage. La stabilité de la société
haïtienne est menacée, la souveraineté nationale mise en
veilleuse, le drapeau national est en berne et la peur
règne.
Faute de pouvoir faire le nécessaire on se résigne à
tenter de faire le possible dans une transition
politique qui abîme le moral.
Mais, Haïti doit vivre …
Cependant je suis concerné par :
-
l’absence de sécurité nationale et de sécurité
publique,
-
la poursuite des arrestations trop souvent
arbitraires et les détentions illégales,
-
la présence d’une nouvelle forme de violence liée à
la corruption et à la drogue,
-
la dégradation accélérée de notre environnement,
-
le questionnement quotidien du droit à la libre
possession de propriétés,
-
l’incapacité du gouvernement et de l’Etat à garantir
l’accès à l’éducation, à la santé, au loisir donc à
la liberté,
-
la persistance de l’inégalité de droit et de fait
entre hommes et femmes,
-
la perte de dignité de la Nation et le viol de notre
Histoire,
-
l’exercice de la violence sur nos compatriotes
émigrés en République dominicaine,
-
l’installation de la confusion et du désespoir chez
l’ensemble de la population, particulièrement chez
les jeunes,
entre autres.
Chaque jour, des milliers d’Haïtiens et d’Haïtiennes se
posent la question : quoi faire ? Des centaines se
demandent : comment faire ? Les pessimistes disent :
pourquoi faire ? Moi je dis : faisons avec ceux qui
veulent se mettre au service de la majorité
nécessiteuse.
Jacques de Guenin définit le libéralisme comme « un
système dans lequel s’épanouit celui qui utilise sa
raison, qui fournit des efforts, qui échange ou
s’associe avec les autres, notamment pour désigner un
gouvernement à qui ils délèguent le pouvoir de faire
respecter les droits individuels ».
Promoteur depuis de nombreuses années de l’idée de faire
la politique autrement, convaincu qu’il faut construire
Haïti dans un cadre moderne sur la base de rapport
humain égalitaire, je souscris aux idéaux et principes
du libéralisme moderne plus proche idéologiquement du
social-libéralisme parce que moralement cohérent.
En effet, s’il est indiscutable que tous les hommes
naissent égaux avec des droits inaliénables à la vie, à
la liberté, au bien-être matériel et psychologique ; il
est de ce fait logique que la morale particulièrement la
morale libérale ne tolère pas l’inégalité qu’elle qu’en
soit sa forme (esclavage, intégrisme religieux,
titres nobiliaires, privilèges de castes ou de classes,
essence généalogique). La seule inégalité acceptée
est « l’inégalité des résultats » parce que découlant de
décisions et d’actions individuelles obtenues avec
naturellement les mêmes chances et les mêmes
opportunités de départ.
Le libéralisme est donc une philosophie de la vie en
société sous-tendue par deux concepts clés :
a)
la liberté individuelle qui consiste à pouvoir faire
tout ce qui ne nuit pas aux autres et qui n’est pas
contraire aux lois, aux us et coutumes d’une société
donnée dans un espace / temps spécifique,
b)
la responsabilité individuelle c'est-à-dire la capacité
d’assumer pleinement les conséquences légales,
sociétales et psychologiques de ses propres actes.
La doctrine économique qui se déduit logiquement de la
philosophie libérale préconise l’expression d’une
majorité par voie d’un scrutin libre comme option
politique. La démocratie est donc le modèle politique
le plus performant malgré ses imperfections et, les
opinions des minorités aussi «zuite »* soient-elles
doivent être également respectées.
Si on veut sortir du trou de l’incompétence, de
l’intolérance, de la médiocrité et de la corruption, il
faut affronter la réalité.
Face aux grands défis du XXIème siècle
haïtien, il nous faut faire usage d’inventivité pour :
-
consolider les acquis démocratiques,
-
assainir l’administration et les finances publiques,
-
normaliser la situation politique et
institutionnelle qui passe par la garantie d’un
climat sécuritaire propice aux investissements,
-
lutter contre la misère par la création d’emploi (source
de revenus) et la garantie d’une répartition
plus juste de la richesse,
-
proposer l’alliance équilibrée entre le capital, le
savoir et le savoir-faire,
-
trouver l’équilibre entre l’intervention de l’Etat (souhaitable)
et l’initiative individuelle (nécessaire),
-
réformer nos Institutions (pouvoir exécutif et
législatif),
-
moderniser notre comportement politique.
Les prochaines élections de novembre 2005 nous offrent
l’opportunité de pouvoir avec un bulletin de vote
changer le cours des choses. C’est vrai que la tenue
d’élections n’est qu’une phase de la démocratie en tant
que processus évolutif mais on doit admettre qu’il nous
faut en toute urgence organiser un nouveau parlement
avec des hommes et femmes porteurs de nouvelles idées,
d’une nouvelle vision, d’un nouveau rêve et capables
d’un contrôle plus efficace du Pouvoir exécutif.
Que les mieux préparés, les plus performants, les plus
sérieux, bref les plus capables de tous les corps de
professions et de métiers (maçons, économistes,
charpentiers, médecins, agronomes, hommes et femmes
politiques …) se mettent le plus vite possible au
service de la grande masse des laissez pour compte pour
relever le défi.
Concitoyenne, concitoyen,
Je vous invite à prendre acte de mon engagement à me
mettre avec tous ceux et celles qui veulent rompre avec
les pratiques du passé et stopper la déroute de
l’intelligence. C’est ma conviction, ma volonté et mon
devoir de faire tout ce qui est en mon pouvoir et, avec
votre aide (que vous soyez en Haïti ou à l’extérieur)
nous gouvernerons la rosée.
Votez Daniel Supplice Votez Libéral
15 septembre 2005
*
insignifiant.