Le Coin de l'Histoire
 

13 juin 1957
Coup d'Etat militaire contre Daniel Fignolé

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Concitoyenne, concitoyen,

L’exclusion socio-économique de centaines de milliers de résidents des zones marginales urbaines, la complexité et la fragilité du climat politique, l’inefficacité des structures de sécurité engendrent la violence et prennent l’espoir en otage.  La stabilité de la société haïtienne est menacée, la souveraineté nationale mise en veilleuse, le drapeau national est en berne et la peur règne.  

Faute de pouvoir faire le nécessaire on se résigne à tenter de faire le possible dans une transition politique qui abîme le moral.  

Mais, Haïti doit vivre …  

Cependant je suis concerné par :

  • l’absence de sécurité nationale et de sécurité publique,
  • la poursuite des arrestations trop souvent arbitraires et les détentions illégales,
  • la présence d’une nouvelle forme de violence liée à la corruption et à la drogue,
  • la dégradation accélérée de notre environnement,
  • le questionnement quotidien du droit à la libre possession de propriétés,
  • l’incapacité du gouvernement et de l’Etat à garantir l’accès à l’éducation, à la santé, au loisir donc à la liberté,
  • la persistance de l’inégalité de droit et de fait entre hommes et femmes,
  • la perte de dignité de la Nation et le viol de notre Histoire,
  • l’exercice de la violence sur nos compatriotes émigrés en République dominicaine,
  • l’installation de la confusion et du désespoir chez l’ensemble de la population, particulièrement chez les jeunes,

entre autres.

Chaque jour, des milliers d’Haïtiens et d’Haïtiennes se posent la question : quoi faire ?  Des centaines se demandent : comment faire ?  Les pessimistes disent : pourquoi faire ?  Moi je dis : faisons avec ceux qui veulent se mettre au service de la majorité nécessiteuse.

Jacques de Guenin définit le libéralisme comme « un système dans lequel s’épanouit celui qui utilise sa raison, qui fournit des efforts, qui échange ou s’associe avec les autres, notamment pour désigner un gouvernement à qui ils délèguent le pouvoir de faire respecter les droits individuels ».

Promoteur depuis de nombreuses années de l’idée de faire la politique autrement, convaincu qu’il faut construire Haïti dans un cadre moderne sur la base de rapport humain égalitaire, je souscris aux idéaux et principes du libéralisme moderne plus proche idéologiquement du social-libéralisme parce que moralement cohérent.

En effet, s’il est indiscutable que tous les hommes naissent égaux avec des droits inaliénables à la vie, à la liberté, au bien-être matériel et psychologique ; il est de ce fait logique que la morale particulièrement la morale libérale ne tolère pas l’inégalité qu’elle qu’en soit sa forme (esclavage, intégrisme religieux, titres nobiliaires, privilèges de castes ou de classes, essence généalogique).  La seule inégalité acceptée est « l’inégalité des résultats » parce que découlant de décisions et d’actions individuelles obtenues avec naturellement les mêmes chances et les mêmes opportunités de départ.

Le libéralisme est donc une philosophie de la vie en société sous-tendue par deux concepts clés :

a)     la liberté individuelle qui consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas aux autres et qui n’est pas contraire aux lois, aux us et coutumes d’une société donnée dans un espace / temps spécifique,

b)     la responsabilité individuelle c'est-à-dire la capacité d’assumer pleinement les conséquences légales, sociétales et psychologiques de ses propres actes.

La doctrine économique qui se déduit logiquement de la philosophie libérale préconise l’expression d’une majorité par voie d’un scrutin libre comme option politique.  La démocratie est donc le modèle politique le plus performant malgré ses imperfections et, les opinions des minorités aussi «zuite »* soient-elles doivent être également respectées.

Si on veut sortir du trou de l’incompétence, de l’intolérance, de la médiocrité et de la corruption, il faut affronter la réalité.

Face aux grands défis du XXIème siècle haïtien, il nous faut faire usage d’inventivité pour :

  • consolider les acquis démocratiques,
  • assainir l’administration et les finances publiques,
  • normaliser la situation politique et institutionnelle qui passe par la garantie d’un climat sécuritaire propice aux investissements,
  • lutter contre la misère par la création d’emploi (source de revenus) et la garantie d’une répartition plus juste de la richesse,
  • proposer l’alliance  équilibrée entre le capital, le savoir et le savoir-faire,
  • trouver l’équilibre entre l’intervention de l’Etat (souhaitable) et l’initiative individuelle (nécessaire),
  • réformer nos Institutions (pouvoir exécutif et législatif),
  • moderniser notre comportement politique.

Les prochaines élections de novembre 2005 nous offrent l’opportunité de pouvoir avec un bulletin de vote changer le cours des choses.  C’est vrai que la tenue d’élections n’est qu’une phase de la démocratie en tant que processus évolutif mais on doit admettre qu’il nous faut en toute urgence organiser un nouveau parlement avec des hommes et femmes porteurs de nouvelles idées, d’une nouvelle vision, d’un nouveau rêve et capables d’un contrôle plus efficace du Pouvoir exécutif.

Que les mieux préparés, les plus performants, les plus sérieux, bref les plus capables de tous les corps de professions et de métiers (maçons, économistes, charpentiers, médecins, agronomes, hommes et femmes politiques …) se mettent le plus vite possible au service de la grande masse des laissez pour compte pour relever le défi.

Concitoyenne, concitoyen,

Je vous invite à prendre acte de mon engagement à me mettre avec tous ceux et celles qui veulent rompre avec les pratiques du passé et stopper la déroute de l’intelligence.  C’est ma conviction, ma volonté et mon devoir de faire tout ce qui est en mon pouvoir et, avec votre aide (que vous soyez en Haïti ou à l’extérieur) nous gouvernerons la rosée.

Votez Daniel Supplice   Votez Libéral

15 septembre 2005

* insignifiant.